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 Les égouts de Sextus

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Melena Autumn
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Thanathophobie & Nécrophobie

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MessageSujet: Les égouts de Sextus   Mer 14 Juil - 23:23

[Jade & Melena ; A la suite de L'ambition de Bénificcus]

Pendant une course qui lui parut infinie, les deux jeunes filles parcouraient des kilomètres de galeries souterraines, avec pour leur ambiance les couinements des rats qui déguerpissaient à leur approche et l’écho de leurs pas sur les parois humides. Quand Melena posait malencontreusement le pied dans une flaque de liquide visqueux, elle se contentait d’une grimace de dégout qui ne la ralentissait pas pour autant. Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait d’un instant à l’autre jaillir de sa poitrine pour continuer de bondir hors de son corps, mais l’idée de mettre le plus de distance possible entre elle et le colisée lui donnait des ailes, et elle poursuivait sans se retourner ni ralentir l’allure.

Quand elle vit Jade décider de s’arrêter, elle le fit à son tour, haletante, les jambes flageolantes, la poitrine douloureuse, si dégoulinante de sueur qu’on aurait put croire qu’elle s’était une nouvelle fois fait arroser par son amie. L’air nauséabonde était moite, lourd, et lui donnait la désagréable impression d’adhérer à sa peau comme un parasite tenace. Essuyant d’un bras dégouté son front ruisselant, la necrophobe se dit que jamais elle ne s’était sentit aussi poisseuse. A la lueur de la torche, son amie lui renvoyait l’image qu’elle devait sûrement émettre : blafarde, cernée, échevelée.

- Et avec nos têtes, c’est pas aujourd’hui qu’on trouvera le prince charmant. Renchérit-il au rire de sa comparse qui détendit légèrement l’atmosphère.

Melena se permit un soupir de soulagement. Elles n’étaient pas encore tirées d’affaire, mais rien que l'espoir d’avoir laissé derrière elle sa condition d’esclave l’encourageait à poursuivre. Elle eut une pensé pour ses compagnons, particulièrement Myia, sur laquelle elle avait tantôt veillé, tantôt jeté son dévolu depuis leur rencontre, mais pour rien au monde elle n’aurait fait demi-tour en cet instant. Les adolescentes étaient peut-être perdues dans les égouts de Sextus, mais ceci avait aussi un bon coté : si elles étaient égarées, c’est que tant qu’elles resteraient sous terre, il serait pratiquement impossible à Bénificcus de les retrouver. D’ailleurs, où pouvaient-elles être désormais ?

Jade reprit la marche et l’irlandaise lui emboita le pas en se pinça l’arête du nez de sa main libre. Maintenant qu’elle avait fait une halte, la pression du sang dans ses tempes et les conséquences de sa trop récente beuverie se faisaient sentir. Elle avait une migraine horrible qui lui donnait la douloureuse impression qu’un marteau essayait de faire éclater sa tête de l’intérieur, mais elle continuait sans rien laisser paraître, retrouvant lentement un rythme cardiaque normal. Elle ne pipa mot quand elle apprit que son amie était déjà coupable de meurtre ; après tout, elle aussi venait de prendre part à un homicide, aussi involontaire soit-il, mais force était de constater que si le traumatisme de sa mort était encore capable de lui scier les jambes, celui du décès d’un étranger qui avait cherché à la malmener l’affectait moins… ou bien était-ce encore l’alcool qui lui jouait des tours ?

- Je n’en sais rien. Répondit-elle simplement. Mais ce qui est sûr c’est qu’une fois dehors, il va falloir se débarrasser de nos colliers et trouver de nouveaux vêtements… en plus de nous offrir une hygiène digne de ce nom.

Bien sûr, Melena ne s’attendait pas à débarquer aux pieds qu’un hôtel de luxe qui leur offrirait bain moussant, caviar et champagne, mais elle espérait au moins pouvoir se laver correctement avec autre chose qu’un tuyau d’arrosage destiné aux ânes. Était-ce réellement trop demandé dans ce monde ?

- Après, on quittera cette ville de fous sans se retourner.

Après tout, depuis son arrivée à Dreamland, elle n’avait jamais connu que la captivité. Elle avait passé tellement de temps soumise, traitée comme un animal et usée comme un objet que l’idée de choisir elle-même son destin lui était devenue comme un rêve inaccessible. Malgré qu’elle ne les avait pas aimé, elle se souvenait de quelques de ses premiers compagnons de galère… Ava, Jeremiah, Elijah, Kate… et se demandait à simple titre informatif si ils étaient toujours vivants, et ce qu'ils devenaient. Qu’aurait-elle fait si elle n’avait pas rencontré Jade ? La necrophobe se sentait à ses cotés comme avec une amie de lycée avec laquelle elle faisait les 400 coups, et il n’aurait suffit qu’à changer le décor glauque qui les entourait pour qu’elle ait l’impression d’être dans le monde réel. Au détour d’une énième bifurcation, un faible sourire se dessina sur ses lèvres pâles.

- Merci Jade… d’être toujours là.

Elle espérait que son amie comprenne tout ce qui pesait dans cette marque de reconnaissance. Depuis la mort de sa mère, jamais l’irlandaise ne s’était vraiment sentit soutenue… c’était pourtant le cas aujourd’hui.

Les deux jeunes filles marchèrent encore un temps indéfinissable, le longs de grandes galeries souterraines toutes plus crasseuses les unes que les autres. La fatigue commençait à se faire sentir, et le ventre de Melena qui ne s’était pas repu au banquet commençait à la tirailler. Le silence était oppressant mais la necrophobe n’osait pas parler, pour ne pas mettre en avant de faux espoirs et rester vigilante. Ainsi, alors qu’elles avaient une nouvelle fois à choisir entre deux voies plongées dans les ténèbres, un bruit étrange semblait émaner de l’une d’elle, mais les échos étaient tels qu’on peinait à distinguer de laquelle.
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Dr. Parkinson
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MessageSujet: Re: Les égouts de Sextus   Jeu 15 Juil - 0:28

Allez viens on se casse ! Je veux sortir d’ici ! Je veux être libre et… et courir nue sous la pluie ! Ou pas en fait, mais être dehors c’est déjà bien non ? Noooon ?

Une phrase qui retenti dans la pièce, noyée dans le flot des paroles et des beuveries, mais pas complètement camouflée. Ils auraient été des mots en l'air, oublié ou ignoré par tous s'ils n'étaient pas tombés dans l'oreille saoul. C'était un gladiateur tout frais sorti de l'entrainement au pugilat, qui avait commencé les combats et qui déjà savait apprécier sa vie au jour le jour, car effectivement sa vie se jouait au jour le jour. Il remarqua alors l'auteur de cette phrase, une jolie donzelle aux airs peu farouches et sa copine... Elles étaient toutes les deux rondes comme des queues de pelles. Lui aussi, la différence, c'est que ça lui donnait des idées, des plans pour la nuit auxquels il aurait bien convié ces deux invitées. Et c'étaient des esclaves, elles étaient là pour ça non ?

Il commença donc à les suivre dans leur petite excursion et vit... qu'elles ne plaisantaient pas. Elles voulaient réellement sortir de là. Bien sûr, il n'en ferait rien. Si elles réussissaient, c'étaient tant mieux pour elles. En fait il rebroussa chemin lorsqu'il vit des travailleurs de nuit sur le coup. Tant pis, il y en avait d'autres au banquet. Il pivota donc sur lui même, traversant une petite cours en sifflotant, et se cogna le nez contre le Tonton.

"On me tire, et ça ça ne me dérangerais pas, si ce n'était pas de mon sommeil. Grogna-t-il. On me rapporte que deux gonzesses foutent le bordel. Les aurais-tu vu ?"

Son regard insistant, son ventre imposant, sa grosse voix de basse et sa barbe si épaisse impressionnaient même le plus coriace des combattants de l'arène. C'était le Tonton, le frère de Bénificcus, qui chapeautait l'arène de nuit. Comme on le disait, on obéit au Tonton, et sans délai.

"Oui, répondit le jeunot d'une petite voix... Elles..."

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que des flammes s'élevaient en crépitant, dévorant la paille des écuries, et noircissant les murs de pierre.

"Laisse tomber et va chercher des sceaux petite, ETEINT MOI CE FEU TOUT DE SUITE !"

Le cri retentit tellement fort que le jeune gladiateur partit en courant en manquant de mouiller sa culotte, suivit aussitôt par toute une tripotée de personnes qui sortaient tout azimut dans la cours, quittant les festivités du banquet.

Tonton n'était pas idiot, les portes étaient toutes fermées. Si deux esprits ivres avaient trouvé, alors lui le ferait tout aussi aisément. Il n'y avait qu'une seule option, les égouts. Il partit d'un pas lourd, furax, récapitulant un par un les chefs d'accusations qui pesaient contre elles... Ca n'allait pas être joli joli quand il aura mis la main dessus. Il alpagua deux sous fifres qui trainaient dans le coin et leur ordonna de le suivre. Il traversa une énième fois la cours, prit par l'antichambre de l'arène longeant les écuries en flamme. Un signal avaient été envoyé aux pompiers de Sextus qui étaient en chemin. Il gagna ensuite l'entrée de l'arène et en sortit. Oui, il est sortit par l'entrée, il n'y a rien de plus normal.

Il marcha un direction de la ville, descendant le chemin en pente, et croisa l'escouade de pompier. Il marcha encore suivit par ses gaillards qui ne voulaient qu'aller pisser un coup et dormir. Mais ils n'avaient même pas eu le temps de pisser...

L'arène n'était pas dans la ville, elle était à part. Un peu à côté et pour diverses raisons, tout aussi bonnes que les autres. Questions de place, de bruit, et de trafique. Il y avait des jeux très souvent, de quoi paralyser une ville entière. L'arène était comme la tour de la luxure, en retrait. Et pour rejoindre les égouts de Sextus, les foreurs qui avaient creusés les égouts de l'arène et le raccord aux souterrains de la ville ne s'étaient pas amusé à faire un labyrinthe pour le fun. Un seul conduit jusqu'à la ville. *Et elles seront forcément obligées de passer par là* Grogna-t-il intérieurement en décadenassant une grille qui scellait une butte de terre herbeuse. Pratique ces accès, pour l'entretien notamment.

Il saisit une torche de service et s'enfonça ni une ni deux dans le canal, salissant ses spartiates et par la même, crottant ses pieds poilus. L'odeur que refoulait les égouts auraient eu raison de la volonté des autres si un regard foudroyant du Tonton ne les avait pas motivé. Ils le suivirent d'un pas pressé, pressé de le suivre et pressé d'en finir. Trois torches donc vinrent à la rencontre de la torche descendante que tenait les deux fuyardes.

Tonton cria si fort que lui même en fut momentanément assourdi à cause de l'écho. Mieux vaut ne pas retranscrire ses mots qui pourraient choquer les oreilles sensibles, et faire passer le forum en catégorie interdit aux moins de 18 ans. Mais ce n'était pas beau... vraiment pas beau. Les gladiateurs partirent à la poursuite de Jade et Méléna, qui n'eurent d'autre choix que d'essayer de rebrousser chemin. La poursuite fut de courte durée et une baffe de viking bien calée eut raison de l'équilibre des jeunes filles. Elles tombèrent ventre à terre dans la fange, tout comme la torche qui poussa son dernier grésillement.

C'est ficelée et saucissonnée, portée sur le dos des gladiateurs qu'elles firent le chemin du retour, à l'air libre certes, mais mieux valait l'obscurité et l'odeur des égouts que le regard courroucé du Tonton et ses promesses de sévère punition.

Jade et Méléna >>>>> L'arène de Sextus.
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Les égouts de Sextus

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